Créé le 31 juillet 2004 par l’association Culture Nigérienne pour le Développement, le festival Sukabé demeure jusqu’ aujourd’hui, l’unique cadre culturel et artistique sous régional qui s’enracine au fil des ans pour devenir le socle de la promotion du talent naissant de la jeunesse sous régionale âgée de moins de 14 ans.
Pour mieux connaître ce festival et découvrir la huitième édition qui vint de se dérouler à Agadez du 5 au 11 septembre, nous avons rencontré pour vous le promoteur, monsieur Soumana Wonkoye. Egalement président de l’association organisatrice du festival.
Q : La question traditionnelle. Monsieur Wonkoye, pouvez-vous mieux nous présenter votre structure, puisque vous n’êtes plus à présenter vous.
R : Comme vous voulez. L’association Culture Nigérienne pour le Développement, comme toutes les associations à plusieurs objectifs. Mais son principal but est la promotion des jeunes talents artistiques au Niger. D’où le festival Sukabé.
Q : Allons directement à Sukabé alors. Justement, quand et comment l’idée de création de ce festival vous est venue ?
R : Il y a plusieurs années de cela, notre association par ma modeste personne a été invitée à un festival similaire au Burkina Faso. La première envie de faire Sukabé m’est venue à cause de ma participation à ce festival. Et la seconde qui était venue se greffer à cette première intention est le fait que le groupe d’enfants que nous y avions amené avait remporté un prix.
Q : Et vous aviez décidé de faire pareil ici.
R : Oui ! Après que nous soyons tombé d’accord pour la création du festival, avec mon staff, on a réfléchi sur le nom à donner à la manifestation. Et Sukabé est lâché par un des membres et il est aussitôt né. Pour lui donner son caractère sous régional, parce que pour cette Sukabé, tout comme la langue Fulfulde à laquelle nous l’empruntons, doit aller au-delà de nos frontières nationales. D’où Sukabé, festival d’intégration artistique et culturelle.
Q : Donnez nous envie de participer à Sukabé.
R : Avec plaisir ! Sukabé, depuis la première édition réunit à tour de rôle dans chacune de nos régions, les petits enfants des 8 régions et ceux de plusieurs pays de la sous région. Et ces jeunes filles et garçons de moins de 14 ans, rivalisent dans les disciplines suivantes : chorégraphie, conte, danse de création et d’inspiration traditionnelle, poésie et théâtre sous l’œil vigilant d’un jury averti.
Q : Venons à cette édition.
R : La huitième édition qui vient de boucler la boucle, s’est bien déroulée du 5 au 11 juillet à Agadez. En dehors des 7 autres régions du Niger, elle a vu la participation de 5 autre pays de sous région à savoir le Nigéria, le Togo, le Bénin, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
Q : Tout ce beau monde là à Agadez ?
R : Cette édition a réuni dans la cité de l’Aïr, respirant la paix et la quiétude, un peu plus de 300 invités.
Q : Tout ce beau monde là, restauré, logé et soigné par le festival ? En aviez-vous eu réellement les moyens ?
R : Vous savez, d’abord, pour se lancer dans des activités pareilles, il faut s’armer d’une volonté de fer. Car assuré le transport, hébergement et la restauration de près de 300 personnes au moins, demande plus que des moyens financiers. Chaque édition est un dépassement de soi collectif auquel faisons preuve mon équipe et moi.
Q : Nous voyons un peu. Qu’est qu’il y a de particulier dans cette huitième édition ?
R : Agadez avait grand soif de distractions. ça se voyait à vue d’œil. Les activités, à cause de la chaleur commencent vers 17 heures mais, dès 16 heures 00, presque plus de places dans la MJC qui grouillait tellement de monde qu’il faillait demander aux gens de faire de la place aux jeunes artistes. C’est ça le fruit de la paix retrouvée !
Q : Et le palmarès de cette édition d’Agadez ?
R : Au niveau des compétitions, le jury, depuis plusieurs années ne proclame que les premiers prix dans chacune des disciplines. Ce qui fait que le Bénin a eu les premiers prix en théâtre et en poésie et Niamey les premiers prix en chorégraphie et en dance de création et d’inspiration traditionnelle.
Q : Après cette huitième édition, le Sukabé a fait le tour, est-ce la fin de Sukabé ?
R : Quoi ? Le seul festival consacré à la jeunesse de la sous région, l’arrêter ! Pourquoi ?
Q : Nous avons entendu murmurer que ça a été dur de boucler le budget…
R : Non mais, faut arrêter avec ça ! Ainsi la vie est faite. Bref, au lieu d’arrêter, nous envisageons une nouvelle formule de Sukabé et allons continuer à l’organiser jusqu’à manquer de souffle s’il le faut. D’ailleurs, cette huitième édition présidée par la première dame Docteur Malika Issoufou malgré quelques difficultés d’ordre matériel, reste l’une des mieux réussies. C’est l’occasion pour moi, de lui rendre hommage, sans oublier Monsieur le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la culture et le gouverneur d’Agadez.
Q : En quoi consiste cette nouvelle formule de Sukabé ?
R : A partir de 2012, Sukabé se fera en deux phases. Sinon trois. Il sera demandé à chaque région de présélectionner son candidat. Les candidats des huit régions se retrouveront à Niamey pour une finale autour des mêmes disciplines et c’est la région qui aura encaissé le plus de points qui représentera le Niger au festival prochain.
Q : ça sera pour quand cette phase finale de présélection du seul candidat nigérien ?
R : En mars 2012.
Q : Vous avez un vœu à formuler ?
R : Et comment ? Sukabé est le seul festival dédié aux enfants du Niger comme ceux de la sous région. Je pense que jusque là, ce festival a fait ses preuves en prouvant qu’il peut survivre aux difficultés et qu’il contribue à faire parler du Niger sur le plan culturel. Il se trouve aussi, que vu l’ampleur qu’il a pris, de simples appuis ne peuvent contribuer à faire durer ce plaisir annuel, combien nécessaire à l’épanouissement intellectuel et artistique des enfants nigériens. Je finirai par dire que beaucoup plus doit être fait par nos autorités.
Interview réalisée par Oumarou Kadry Koda











